The unremembered : celles dont on ne se souvient pas

Je me suis tue un moment. La campagne de mon arrière-arrière-petite-fille, Sandrine, contre les viols, avec le manifeste Pas de justice pas de paix m’a fait réfléchir. Pourtant, j’ai moi aussi participé à #jenaipasportéplainte. J’étais une domestique à Sierentz, j’ai eu mon fils, Benoît Goldschmidt à 19 ans, il a été reconnu 4 ans plus tard par Elias, que j’ai épousé. Vous le savez, mais je ne crois pas que vous savez que ma soeur a vécu la même chose. Caroline/Coralie, fut aussi domestique, à Reichshoffen, et eut un fils, à 19 ans. Probablement d’un viol. Ce petit là, n’a vécu que quelques semaines. C’est pourquoi cela ne s’est pas su. Ainsi, ma soeur et moi, nous sommes au carrefour de toutes ces souffrances charnelles qui sont le destin des femmes dans l’humanité.

Alors quand je découvre, grâce à une amie chère de  Sandrine, les mots d’Andrea Dworkin ici, j’ai l’impression que ce sont un peu mes mots (maux) qui sont repris, dans cet article :

« The unremembered : Searching for Women
at the Holocaust Memorial Museum ».

Celles dont on ne souvient pas : à la recherche des femmes au mémorial de l’Holocauste.

Elle explique avoir expérimenté la mémoire de la Shoah au travers non pas d’un fantôme mais de sa tante, qui revécut sa captivité, les viols et terreur subies, lorsqu’elle avait dix ans. Pour elle, dit-elle, la Shoah, mot hébreu pour anéantissement, c’est la source de sa lutte contre le sadisme du viol et la déshumanisation de la pornographie » : *For me, the Shoah, the Hebrew word for « annihilation, » is the root of my resistance to the sadism of rape, the dehumanization of pornography. In my private heart, forever, rape began at Auschwitz; and a species of pornography–sexualized anti-Semitic propaganda–was instrumental in creating the hate.

« Dans l’intimité de mon coeur, pour toujours, le viol a commencé à Auschwitz, et une sorte de pornographie – la propagande antisémite sexualisée, a été instrumentalisée pour crée la haine ».

Ces mots pourraient tellement être les miens, tellement ce qui a engendré la nécessité des miens, que c’en est époustouflant. Les fantômes ainsi traversent d’une à l’autre d’entre nous, de 1870 à aujourd’hui, ou d’Outre-Atlantique à l’Alsace.

Car si ce blog est né, c’est bien parce qu’un  jour, après une diffusion de l’imposture, documentaire d’Eve Lamont fait avec des survivantes de la prostitution s’imposa à nous un dessin, Pas de justice pas de paix, avec les tombes -juives-et universelles, des femmes, victimes de la terreur. Pour nous aussi, c’est la source de l’engagement contre le sadisme de la société, et contre la terreur faite aux femmes, à toutes les femmes.*

Melanie Reh

*Dans la suite de son article, Dworkin explique que lors de sa visite au mémorial, elle s’est rendue compte que même là,  l’histoire des femmes n’est pas racontée. Aucune des questions qu’elle se pose n’est abordée. Les femmes, là non plus, n’existent pas.

 

 

 

 

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