De la laïcité en Alsace et dans le reste de la France.

bataille de reichshoffen

Quand je suis née, en 1848, l’Alsace était française. En 1681, Strasbourg avait été la dernière ville à être annexée à la France. Mais en 1870, avec notamment la bataille de Reichshoffen, la ville où je suis née, l’Alsace (sauf territoire de Belfort), et la Moselle furent rattachés à l’Allemagne. C’était une province avec un statut particulier.

De fait, lorsque la loi française sur la laïcité a été votée en 1905, l’Alsace, où vivaient trois communautés religieuses d’importance, catholique, protestante et juive : de nombreux villages de quelques centaines d’habitants, ont eu à la fois une église, un temple et une synagogue -surtout à l’époque où nous, juifs et juives, n’avions pas le droit de vivre dans les villes, et où nous étions parfois la communauté la plus importante du village, l’Alsace et la Moselle ne furent pas concernées.

Et alors, me direz-vous ? Et alors, c’est particulièrement intéressant, parce que quand l’Alsace a finalement été libérée en 1944, l’Alsace a conservé un statut particulier : celui du concordat. Elle n’applique pas la loi de 1905.  Pour comprendre ce que cela peut signifier, voici un extrait de l’article de Wikipedia :

Les dispositions prévues concernent notamment :

    •    l’enseignement religieux :
    ◦    les cours de religion sont obligatoires à l’école primaire et au collège. Néanmoins, une dispense est accordée de droit aux parents qui la demandent ;
    ◦    l’université de Strasbourg et celle de Metz sont les seules universités françaises à dispenser des cours de théologie ;
    •    la rémunération des ministres des quatre cultes reconnus (prêtres, pasteurs, rabbins…), qui est prise en charge par l’État ;
    •    la nomination de l’archevêque de Strasbourg et celle de l’évêque de Metz, faites par le président de la République française, dernier chef d’État au monde à nommer des évêques catholiques.
Le service des cultes dépend du ministère de l’Intérieur ; un sous-préfet, basé à Strasbourg, est chargé du Bureau des cultes des trois départements.

Cela veut dire qu’en Alsace, tout est fermé (au moins tout l’était encore il y a quelques années, avant que le commerce prenne le pas sur tout autre chose), le 26 décembre, qui n’est pourtant pas un jour férié en France. Ou alors, retrouvez-vous un 15 août à Mulhouse, en milieu d’après-midi, sentez, écoutez l’ambiance, et cherchez quelque chose d’ouvert… Vous ne trouverez pas grand-chose.

Mais ce concordat, auquel le gouvernement actuel semble ne pas vouloir renoncer :ainsi à la proposition de François Hollande d’inscrite la laïcité dans la constitution a-t-il été répondu que cela obligerait à supprimer le concordat. Un concordat qui n’accorde pas les mêmes droits à l’Islam par rapport aux autres religions, parce qu’il date d’avant la présence d’une communauté mahométane dans la région…

Alors, pour une fantôme juive alsacienne -où, à part aux temps de la peste, mais je vous en reparlerai, les juifs n’étaient pas aimés, mais peut-être un peu moins mal traités qu’ailleurs, comprendre certains débats actuels autour de la laïcité est un peu compliqué…

Je vous renvoie donc aux réflexions de mon arrière-arrière-petite-fille, née de l’Alsace et la Lorraine, de l’athéisme/scientisme du judaïsme et du catholicisme, pour poursuivre…

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