L’hiver, et la lumière

Aujourd’hui,

22 décembre, je vais abandonner un peu les tristes souvenirs pour vous parler d’une période de fêtes; une période de mariage, la période de Noël, que les juifs ne célèbrent pas -le messie n’est pas venu- et la fête de Hanouka.
De mariage, parce que ce 22 décembre, il y a 47 ans, Denise Nocton épousait mon arrière-petit-fils Daniel, et sans eux et leurs lumières je ne serais pas là à vous parler, j’occuperais un autre lieu ou un autre esprit, mais peut-être n’aurais-je pas la parole…

De fêtes, parce qu’en ces nuits les plus longues de l’année, de lumière il y a peu et la fête de Hanouka est là pour nous sortir de l’ombre. Chaque soir, pendant 8 jours, on allume une bougie*. Le très beau livre d’Abraham Yehoshuah « un feu amical », se déroule en 8 chapitres, à propos de ces 8 journées.

Autres lumières, parce qu’après de si sombres périodes que je vous ai racontées, j’ai envie d’en partager avec vous.
Celle d’Irène Nemirovsky, rejetée dans l’ombre après sa mort à Auschwitz en 1942 mais dont on a enfin retrouvé et diffusé l’oeuvre lumineuse. « Les chiens et les loups », par exemple, est un chef d’oeuvre de 200 pages qui parle de l’histoire de juifs d’Ukraine et et de leur immigration en France , comme une bougie qui brille entre chien et loup…

Ce poème d’Hannah Arendt (merci Hélène), même s’il nous parle des ténèbres, en disant les choses de façon si belle, vient aussi nous illuminer :

(À l’automne 1942, Hannah Arendt écrit ce poême à la mémoire de Walter Benjamin ):

« Un jour le crépuscule reviendra,
La nuit tombera des étoiles,
Nous reposerons nos membres disloqués
Près d’ici, loin d’ici.

Dans les ténèbres on entend
Poindre de douces mélodies.
Écoutons bien, perdons nos habitudes,
Brisons enfin les rangs.

Voix lointaines, chagrin proche – :
La voix de chacun des morts,
Qui nous précède, messager envoyé
Pour nous conduire au sommeil. »

C’est sur elles que je vais probablement finir l’année 2011 (et pas 2012 hein ?, pas si vite), avec les fêtes de Noël, assombries par les masses commerciales qu’elles déplacent, mais je l’espère, illuminées pour vous toutes et tous par la lumière des justes qui nous accompagnent…

Melanie


*Le chandelier à huit branches rappelle comment une petite fiole contenant assez d’huile pour une journée trouvée dans les débris du temple de Jérusalem a miraculeusement permis d’illuminer le chandelier pendant huit jours…
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Un commentaire pour L’hiver, et la lumière

  1. danygold dit :

    Huile Miracle! Miracle! Ca me rappelle le tour de passe passe des fabricants gestionaires de leur stock en usine qui se ménageaient toujours une petite réserve non comptabilisée pour faire face discrètement aux aléas à venir. Autres temps, mêmes hommes(ses).

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