13 décembre, arrivée à Drancy

CG1312BG1312Il fait froid ce 13 décembre. Mais ce n’est pas la météo qui me glace ainsi le dos. Ce sont les souvenirs, ces grands trous qu’on a fait dans notre mémoire mais qui reviennent dans mes cauchemars de trains qu’on réduit en poussière et d’enfermements dans l’oubli dont s’échapper relève de l’ascension d’un Everest. Ce sont les souvenirs, mais c’est aussi ce que je lis, et que vous pourrez lire dans le dernier paragraphe cité ci-dessous, qui donne des détails sur ce qu’ont pu vivre les miens.

Le 13 décembre 1943, Coralie et Benoît arrivaient au camp de Drancy, 4 jours avant le départ du convoi n°63. Ils sont immédiatement considérés déportables (matérialisé sur la lettre B sur ces fiches). Le camp était administré depuis le mois de juillet par le nazi Aloïs Brunner, ce qui ne fit que renforcer la violence subie.

Il existe un livre écrit par Annette Viewiorka qui en parle : "A l’intérieur du camp de Drancy". Je vais essayer de le lire et vous en parler. Lundi, je me rendrai à nouveau à Drancy, comme il y a deux ans, mais cette fois pour aller au mémorial, qui n’existait pas encore à l’époque. Mardi, je serai à la cérémonie au Mémorial de la Shoah pour les 70 ans de leur déportation, et je lirai leur nom. Car quand je lis la cruauté des tortionnaires, je me dis que si leur sacrifice a peut-être sauvé des vies -Coralie, on le sent dans la lettre qu’elle a envoyé, ne pensait qu’à épargner à notre famille le sort qui lui fut réservé ainsi qu’à Benoît, alors nommer leur souffrance et dire quel a été leur destin est une oeuvre nécessaire chaque jour.

***

On peut donc aussi lire des éléments sur la vie dans le camp ici, qui peuvent nous donner une idée de ce qu’ont pu vivre Coralie et Benoît. J’ai pensé que Coralie, arrivant le 13, avait dû être assaillie d’informations, de ressentis, les bruits, la saleté, la peur, et qu’elle n’aurait pas pu écrire son journal. Elle le reprendra demain, et il sera aussi inspiré des faits connus et ci-dessous.

escalierdrancy"A partir de l’été 1942, les départs rythment la vie à Drancy. À partir du 19 juillet 1942, les déportations se succèdent au nombre de trois par semaine. Elles offrent toutes un spectacle désolant. Durant l’été 1942, une atmosphère de terreur permanente règne à Drancy. Les larmes, les crises de nerfs sont fréquentes et l’on assiste à plusieurs suicides par défenestration. La veille du départ d’un convoi, les détenus déportables sont fouillés et dépouillés de tout ce qui peut avoir un prix. Ils sont ensuite enfermés dans les chambres attribuées aux « déportables » (les trois premières cages d’escalier) jusqu’à l’aube. De là, des autobus viennent les chercher pour les conduire à la gare de Bobigny ou du Bourget où ils sont entassés dans des wagons à bestiaux qui sont ensuite scellés.

À partir de juin-juillet 1943, un commando de S.S. autrichiens, avec à sa tête Aloïs Brunner, prend en charge l’administration du camp jusqu’alors confiée à la Préfecture de police – la gendarmerie assure cependant la surveillance générale de 1941 à 1944 – et y institue une administration violente et un renforcement de la discipline tout en procédant à des aménagements matériels. Brunner fait tout ce qu’il peut pour rafler le plus grand nombre de Juifs, jusqu’à charger des internés de convaincre des Juifs de sortir de la clandestinité et de rejoindre Drancy, faute de quoi leur famille internée à Drancy sera déportée immédiatement.

Mémorial de Drancy

Mémorial de Drancy

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